Pour sa 29e édition, le Festival international des créateurs de mode de Dinan (Côtes-d’Armor) se tiendra les vendredi 10, samedi 11 et dimanche 12 octobre 2025. Dix participants ont été retenus parmi plus de 250 candidatures, et se répartissent en trois catégories: collection femme, collection homme et collections non-genrées.
Tenue créée par Daphnée Charot – Festival international des créateurs de mode de Dinan
La principale journée du festival se déroulera le samedi 11 octobre. Au cours de l’après-midi, deux défilés de rue sont prévus: l’un à 15h, place de la Résistance, le second à 16h, sur les marches du théâtre des Jacobins. C’est devant ce même théâtre que le festival sera inauguré officiellement à 16h30, par le maire de Dinan, Didier Lechien, ainsi que des élus de la ville, de Rodrigo Basilicati-Cardin, président d’honneur, de Nelly-Claire Rodi, présidente du jury, et Dominique Damien Réhel, président-fondateur du festival. Les membres du jury seront présentés à cette occasion.
Six prix à remporter
À 17h, les collections des candidats sélectionnés défileront. Elles seront par ailleurs exposées au théâtre des Jacobins sur les trois jours du festival. Le jury délibèrera aux alentours de 18h30, avant de procéder à la remise des prix à 21h30, accessible sur invitation.
Fraîchement diplômés ou ayant créé leur marque depuis peu, les sélectionnés concourent pour six prix : Grand Prix Dinan 2025, Prix Royal Mer sur le thème: « Revisiter, à l’image de chaque candidat, le caban dans une maille écoresponsable », Prix Dinan Territoire Commerçant/Grand Public, Prix Texpertise Network de Messe Frankfurt, Prix Texpertise Sustainability – Néonyt avec Who’s Next, Prix Éco-responsable de DA France portant sur la réalisation d’un accessoire à partir de sacs en toile brute utilisés pour le transport du café bio.
Tenues créées par Hugo Gaudry – Festival international des créateurs de mode de Dinan
Quatre créateurs ont été retenus pour la catégorie « collection femme ». Eden Kilola Zola, diplômée de Mod’Spé, rend hommage à son pays d’origine, la République démocratique du Congo, à travers une collection inspirée d’une pierre locale, l’escarboucle. Avec sa marque Maison Lisapo, la créatrice tisse un dialogue avec ses racines congolaises et célèbre la richesse du pays, “ses savoir-faire traditionnels, son artisanat vivant, et ses ressources minières uniques, qui incarnent pour moi le véritable luxe, un luxe authentique, enraciné, porteur d’histoire.”
Des créateurs en début de carrière
L’autodidacte Rébecca Nardi détourne une matière peu commune: les ceintures de sécurité. Sous le nom de son label éponyme, la créatrice en extrait les fibres à l’aide de techniques artisanales comme le tissage, le crochet ou le tricot. Formée à l’architecture d’intérieur, Rébecca Nardi fabrique chaque pièce à la main et défend une mode locale, durable et expérimentale. Le sudiste Julien Paoletti, lui, participe avec une collection baptisée “Les Djinns”, présentée à Paris en début d’année 2025. Diplômé de l’Atelier Chardon Savard en 2020, il crée sa marque éponyme en 2024, et assume avec cette deuxième collection un style à la fois futuriste et inspiré “des génies surréalistes orientaux”.
La dernière participante de cette catégorie est l’étudiante en Bachelor Stylisme et Design de mode à LISAA Mode Paris, Kalista Rebours. La jeune créatrice présente la collection “Infinie résonance”, avec laquelle elle interroge les structures invisibles du chaos, incompris par l’espèce humaine. Ses pièces sont inspirées de figures géométriques infiniment morcelées, les fractales.
L’interrogation, fil rouge de cette édition
Les trois participants sélectionnés dans la catégorie « collection homme » sont tous issus d’ESMOD. Avec une collection intitulée “Back to Black”, Daphnée Charot explore un vestiaire à base d’ombres et de contrastes, à travers des vêtements déconstruits et superposés. Hugo Gaudry et sa marque Bo Temps font face aux stéréotypes dont fait l’objet le Nord de la France. Au-delà du froid mordant, de la grisaille persistante et des corons au bord des anciennes mines, le créateur met en scène la chaleur humaine “incomparable” et la richesse culturelle de sa région de naissance. Formée au Japon, Léa Senda développe un style à la croisée d’inspirations nippones et de son héritage breton, et propose une collection sobre et faite pour durer, à laquelle elle ajoute une touche d’excentricité.
Tenue créée par Kalista Rebours – Festival international des créateurs de mode de Dinan
Dernière catégorie, le volet « collections non genrées » comporte le travail de Luna Gambier, qui affirme s’inscrire dans une démarche écologique avec sa marque Consume Less, Live More (“Consomme moins, Vis plus” en français). Formée à Mod’Spé, la créatrice signe une collection baptisée “Remare”, inspirée des algues et des marées noires, à partir de vêtements de seconde main et de fins de rouleaux de tissu.
Également issue des rangs de Mod’Spé, le designer Gianni Lafay se questionne sur la tendance humaine à vouloir sans cesse repousser les limites de son exploration, et propose une collection outdoor baptisée “Dare the impractical” (“Osez l’impraticable”). Enfin, Maxime Varrier présente une collection surcyclée avec la volonté d’illustrer les cheminements intérieurs des individus, où vêtements rapiécés et expériences ne font qu’un pour former une beauté nouvelle.
